En octobre 2009, exposition à la galerie Baronian Francey de Gilbert et Georges, deux artistes anglais contemporains. Indissociables, ils œuvrent depuis quarante ans ensembles. La galerie, suffisamment vaste pour accueillir les «collages», offrait un environnement adéquat pour la vingtaine d’œuvres exposées.
Ce qui frappe est l’omniprésence des deux artistes dans leur création; ils se mettent en scène, se déforment, se multiplient et jouent de leur flegme pour s’imposer avec un certain humour. À y regarder de plus près, il ne s’agit heureusement pas que d’une lubie narcissique. Les références iconographiques sont nombreuses; on reconnaîtra Rorschach, une lame du tarot ou un totem.
Malheureusement, quelques œuvres sont plus faibles, le contraste – l’humour en distanciation – est trivial. Notamment, cyclopean qui dans sa composition présente des «cyclopes» formant deux «yeux». Ces yeux sont un élément récurrent. Les artistes, à travers ces yeux disposés au fil de leur création, semblent nous regarder. Peut-être que la répétition, censée donner du poids, est lassante.
