Tristan et Iseult par Christophe Van Rossom

Le 22 mars 2010, dans Arts, par Miguel Quaremme

Christophe Van Rossom nous propose de visiter le mythe de Tristan et Iseult débarrassé de la christianisation et des artéfacts de l’amour courtois pour retrouver la force subversive du récit celte originel. Une histoire de passion charnelle contre le reste du monde.

Tristan et Iseult dans la forêt du Morrois: esthétique du secret, la conférence, malheureusement trop courte pour rendre la complexité et la profondeur du texte, nous dévoile en partie le secret dont la forêt a été le lieu. Une forêt à la fois fort proche et pourtant totalement à l’écart du monde, comme si l’amour ne pouvait éclore pleinement dans le monde ou plutôt dans ce monde. Car c’est un monde jaloux, où les hommes méprisent ce qu’ils ne peuvent faire.

Tristan et Iseult sont des poètes, ils créent et une des modalités de leur création est l’amour. Pas l’amour engendré par le philtre, mais celui qui ouvre à plus vaste que nous avec de la valeur et de la beauté. Dans une éthique et une esthétique de l’amour. C’est une déclaration de guerre contre tout ce qui n’est pas amour: la tradition, la féodalité, la parentalité, la religion, le mariage. Mais la liberté de s’aimer se fait dans le sacrifice de son confort.

Christophe Van Rossom a le sens de l’exemple évocateur et intelligent. Iseult dit qu’elle est la dru. Mot qui vient de «drurie» signifiant «poussée vigoureuse». On est donc dans le plaisir charnel explicitement, mais avec mot rare et d’une grande force évocatrice. Révélation d’un amour moins courtois qu’il n’y paraît, révélation d’un écrivain moyenâgeux cru, confirmation d’un critique qui a le mot juste.

 

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