Promouvoir la co-création de connaissances sur le web

Le 20 avril 2010, dans Médias, Numérique, par Miguel Quaremme

Il est difficile de promouvoir, notamment par la création d’un site, la co-création de connaissances sur le web. De la méfiance du participant quant aux intentions du promoteur à la légitime envie de celui-ci de voir son travail reconnu, quelle place à la qualité et à la quantité des échanges ? Wikipédia serait-il une exception ?

Bien entendu, dans un monde idéal, un promoteur créerait une plateforme web pour permettre sur un ou plusieurs sujets donnés la co-création de connaissances. Des échanges nombreux et de qualité seraient régulièrement amenés par des participants enthousiastes. La réalité est qu’un certain nombre de freins empêchent de co-créer sereinement et cela malgré la bonne volonté affichée par les différents acteurs. Petite revue du point de vue du promoteur.

Le première difficulté est de définir clairement l’objectif du site internet. Il faut donc répondre à la question: que veut-on co-créer ? Loin d’être triviale, la question ouvre le champ ou le referme. Y répondre est déjà une prise de pouvoir du promoteur. Une réponse du type «ce que vous en ferez» est généralement une palissade à un objectif qui se définit par ses contraintes. Par exemple, Wikipédia permet d’écrire sur n’importe quel sujet, mais de façon encyclopédique, avec une volonté d’objectivité. En réalité, la méthode corsète l’objectif.

La deuxième difficulté est de proposer de perdre le monopole de la connaissance. Même si la plupart des gens sont disposés à transmettre leur connaissance, ils ne souhaitent pas la partager. Ils veulent conserver le monopole de ce qu’ils ont produit. On peut y voir le désir de reconnaissance, mais aussi un certain mythe de l’«écrivain solitaire». Autant les scientifiques ont une culture du partage et de la confrontation d’idées, autant les littéraires ont une vision individualiste de la production intellectuelle. Pour reprendre l’exemple du Wikipédia, il se veut une œuvre scientifique et donc se place dans une culture scientifique plus propice au partage.

La troisième difficulté est la reconnaissance de l’apport. La parenté d’une création est importante. Elle atteste de la crédibilité de ce qui est produit et permet un retour glorifiant à l’auteur. Il peut s’agir plus prosaïquement de se justifier par rapport au travail fourni auprès d’un employeur. In fine, beaucoup considéreront le promoteur comme une sorte de rédacteur en chef ou comme, pire encore, comme producteur de la connaissance. Même si cela est regrettable, il est légitime pour le promoteur, car lui aussi à des comptes à rendre, de faire valoir son apport fondamental (de fondateur).

 

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