Le dessous des cartes

Le 8 mai 2010, dans Médias, par Miguel Quaremme

Les émissions de télévision répondent à des impératifs techniques et de communication. Il s’agit généralement de règles simples, mais fortement conseillées qui amènent à certains standards. On peut par exemple citer la durée d’un plan fixe à quinze secondes ou bien le respect de la spatialisation (ce qui se trouve à gauche dans l’image doit y rester). Mais peut-on faire autrement une émission sans bouleverser le spectateur ?

Le dessous des cartes

Le dessous des cartes

Au premier regard, l’émission le dessous des cartes paraît un peu formelle. La sobriété des cartes ou le discours particulièrement posé nous renvoient à un didactisme fuyant le clinquant. On est alors pris dans le discours et l’illustration. La forme rejoint le fond. Le sérieux et la pertinence sont les maîtres mots.

Et pourtant, nous devrions être totalement désappointés par cette émission ne respectant pas les codes les plus élémentaires. La première minute est un face caméra où le présentateur introduit la problématique. Suit un défilement de cartes statiques et sobres. L’émission se termine par une minute de face caméra entrecoupé brièvement par une bibliographie.

Où sont les témoignages qui donnent de la vie et rendent plus proches du téléspectateur ce que l’on raconte ? Où sont passées les jolies animations en trois dimensions avec incrustation de photos satellites ? Où est le travelling sur le présentateur assis sur le coin d’une table ? Que dire de cette interminable minute de parole sans même un changement de caméra ou un texte défilant ou une petite image ? Suis-je le seul téléspectateur à être bouleversé ? Pourquoi n’interdisons pas ce blasphème cathodique ?

Peut-être que de créer de l’intelligence et de la connaissance est un suffisamment bon produit télégéniquement viable. Peut-être pas, le contre-exemple vient de matière grise difficilement soutenable malgré des efforts de vulgarisation. À vouloir associer un discours savant à une forme racoleuse de télévision, on rate tous les publics.

La morale: communiquez avec ce que vous êtes et pas uniquement pour les autres.

 

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