De l’autre côté de la critique

Le 5 juin 2010, dans Arts, par Miguel Quaremme

Loin de moi l’idée de porter un regard égocentrique sur une pratique artistique. Cela étant, je me suis essayé à la vidéo «artistique» lors d’un atelier et je crois intéressant d’écrire sur l’expérience. L’angle que je vais prendre est celui du passage de l’autre côté de la critique et de la légitimité des critiques non pratiquants.

Mon regard sur l’image fixe ou animée s’est forgé à la vue de milliers d’œuvres, à la poursuite d’études d’histoire de l’art, au fil des lectures, des discussions et des réflexions personnelles. Jamais, je n’avais pris une caméra pour tourner un film et à peine ai-je pris quelques photos sans beaucoup d’intentions. Le critique non pratiquant.

J’ai participé à un atelier vidéo de quelques jours. Une note d’intention devait être écrite, les scènes étaient tournées par les participants et nous étions conviés à guider le monteur dans son travail. J’ai donc été confronté, en plus de la dynamique de groupe pas évidente, à la plus part des défis que représentent un film. Toutes proportions gardées ! Je garde comme conclusion qu’avoir une intention qui dépasse la banalité la plus affligeante est vraiment difficile, que c’est un travail long et pénible; que le moindre souci devient énorme dès que c’est filmé, je pense en particulier aux mouvements; et que le montage est magique et fastidieux.

Maintenant, suis-je doté d’un nouveau regard ? Certainement. Mon vocabulaire s’est enrichi, j’ai plus de mots pour décrire ce qui se passe à l’écran et derrière celui-ci. Je perçois également mieux la difficulté de certaines choses – respect pour les travellings – et je me figure mieux l’environnement de travail d’un vidéaste/cinéaste. La question est devais-je passer par là pour avoir ce nouveau regard ?.

Je ne crois pas qu’il faille passer par la pratique pour avoir les mots et la justesse pour la critiquer. Ce que j’ai vécu en quatre jours m’a apporté autant qu’une bonne discussion de deux heures avec un praticien. De mon expérience, je trouve snob de survaloriser la pratique. Je considère qu’il s’agit de choses tellement différentes que l’une ne nourrit pas forcément l’autre. Tirer un enseignement d’une pratique est un moyen répandu, mais est loin d’être la panacée. Croyez-en mon expérience.

 

Les commentaires sont fermés. Veuillez utiliser le formulaire de contact pour réagir.