L’illusion de la biométrie

Le 14 juin 2010, dans Numérique, par Miguel Quaremme

La biométrie est un terme à la mode. Nos passeports le sont déjà et on nous promet une foule d’applications – généralement liées à l’identification des personnes et à l’informatique – dans les prochaines années. On nous promet surtout le Saint-Graal sécuritaire, mais est-il sécurisé ?

Le principe de base est relativement simple. Il s’agît d’associer une ou plusieurs de vos caractéristiques physiques – les empreintes digitales, rétiniennes – à votre identité administrative et par extension numérique. Effectivement, nous possédons des particularités qui nous sont propres et qui nous distinguent des autres humains. On peut donc être identifier de façon univoque. De plus il est difficile voir impossible de changer ses caractéristiques biométriques.

À première vue, il n’est pas déraisonnable d’avoir confiance dans ce système. Pour être précis la plupart des gens, y compris les autorités publiques, ont une foi totale dans ce moyen d’identification. Se pose deux problèmes.

Le premier est la falsification des «empreintes biométriques». C’est-à-dire la création d’objets présentant aux yeux de la machine qui teste les mêmes caractéristiques que les empreintes de quelqu’un. Dans le cas des empreintes digitales, on peut considérer qu’il est très facile de les dupliquer frauduleusement. Principalement, parce qu’on en laisse sur tout ce qu’on touche. Accorder une trop grande confiance est une erreur.

Le deuxième problème est que nous ne pouvons pas changer de caractéristiques biométriques. Si nos empreintes digitales sont falsifiées, elles le sont pour toujours. Il n’y a plus aucun crédit à leur apporter.

Dernier problème, mais qui n’est pas d’ordre technique, est l’usage des ses informations biométriques. Je pense en particulier à la défense de la vie privée. Le film Gattaca montre les dérives de la biométrie poussées à leur paroxysme.

 

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